Top 10 de ce que j’ai appris lors de ma toute première fois

Dans une récente discussion lors d’une conférence, alors que je parlais de ma première entreprise (celle où j’ai échoué), on m’a demandé si je n’avais pas eu une autre forme de business plus tôt.

Et bien la réponse est oui. Pas un vrai business, mais quelque chose qui vaut le coup d’être mentionné. En fait, c’est à propos de ma toute première fois ! et ce qui c’est passé alors m’a marqué à vie…

Quel était le contexte? j’avais 15 ans, élève au Lycée Calmette, à Nice. J’adorais skier. Non loin de Nice, nous avions deux très belles stations de ski à environ 2 heures de voiture (Isola 2000 et Auron). Rappelez-vous, à 15 ans, personne n’a le permis de conduire. Et à cette époque, il n’y avait pas de transport public satisfaisant entre la ville et les stations.

Nice-Isola2000

J’ai commencé par demander autour de moi au lycée qui m’accompagnerait si je trouvais le moyen de faire une sortie pour la journée dans une des stations de ski, bien sûr pour un prix honnête. Assez tôt, j’ai trouvé suffisamment d’amis pour remplir complètement un autocar.

Je me suis rendu à une société privée d’autocars (Santa Azur) pour demander le prix pour un autocar et son chauffeur pour une journée de weekend, et j’ai ensuite demandé aux stations de ski leurs prix de groupe pour les forfaits d’une journée. J’ai alors décidé qu’en temps qu’organisateur, tout devrait être gratuit pour moi.

Mais tout ne s’est pas passé comme prévu…

J’ai défini le prix pour tous mes amis intéressés et, surprise, la volonté de payer est passée à 60%. J’avais donc perdu quelques personnes dans cette conversion. Et pire encore, mon modèle économique ne fonctionnait plus avec si peu de personnes… J’ai du annuler la sortie au ski de ce week-end là juste la veille.Fort de cette première leçon, j’ai établi une nouvelle liste de prix dégressifs basée sur le nombre de personnes qui viendraient. Vous auriez eu à prépayer comme si l’autocar était à moitié vide (pari facile), et dans le cas favorable d’un autocar plus rempli, j’aurai remboursé la différence de prix. Un tiers Kickstarter, un tiers Groupon, un tiers Blablacar… Et j’ai aussi demandé à mes amis de marketer un peu l’opportunité de manière à éventuellement refuser des « clients ».

bus-nice-isolaNous avons rempli 2 autocars complets à cette deuxième tentative. Ca a été une journée tellement réussie que 2 semaines plus tard, j’ai rempli 3 autocars. Et nous avons commencé à nous étendre à un autre lycée proche, le Lycée Massena. Je dis « nous », car j’avais « embauché » un relais dans cet autre lycée pour marketer les sorties au ski là-bas, et deux amis m’ont secondé dans les inscriptions et la récupération du cash.

Nous en sommes maintenant à 5 autocars pour les deux lycées. Nous avons même des professeurs qui nous ont rejoint, ils veulent aussi skier à bas prix… J’ai arrêté là ma croissance, parce tout était fait manuellement, et c’était devenu un cauchemar à organiser. A cette époque, nous n’avions pas de téléphones mobiles, pas de messagerie instantanée, pas d’internet, et aucun outil de communication au-delà d’une ligne de téléphone fixe et de nos publicités dupliquées avec une fabuleuse Roneo...

Confieriez-vous vos enfants à garçon-là?

Confieriez-vous vos enfants à garçon-là?

J’ai opéré ces sorties de ski pendant 3 hivers, en skiant gratuitement (pour moi) avec une bonne bande de copains contents… J’ai même eu de la « compétition » à un certain moment, mais j’ai réussi à la gérer.

Quels ont été les 10 apprentissages de cette toute première fois en mode entrepreneurial?

  • la conversion est vraiment définie quand les gens doivent réellement payer (j’ai perdu 40% des gens entre l’intention initiale et le paiement)
  • la résolution d’un problème rend les choses possibles (un voyage au ski à bas prix avec tout organisé opportunément pour mes amis)
  • réussir du premier coup est rare (j’ai du annuler la première sortie)
  • apprendre et s’adapter/pivoter n’est pas difficile (la seconde tentative a été couronnée de succès)
  • construire une équipe avec les bonnes personnes est essentiel au succès (aucun moyen d’y arriver seul)
  • les opérations non automatisées ont des limites (je ne pouvais plus augmenter le nombre d’autocars/passagers, même avec une équipe)
  • on peut expérimenter même dans un environnement sans technologie, il suffit d’essayer! (c’est léger, rapide et ça ne coûte presque rien)
  • mes limites de risque étaient dangereusement inconnues (pas d’assurance pour les sorties, pas d’encadrement par des adultes)
  • comme j’étais celui qui agissait et organisait, je me suis fait de l’argent de poche au-delà de mes attentes (transport gratuit, forfait gratuit, location de matériel de ski gratuite, déjeuner gratuit, et encore un peu d’argent)
  • les bonnes idées sont copiées rapidement par d’autres, et vous vous retrouvez suffisamment tôt la cible de la compétition (je suis une cible mouvante, heureusement pour moi…)

Pas étonnant que j’ai encore fait autre chose une fois arrivé à l’Université. Ce sera une autre histoire.

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